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- CD Goldberg Variations (Claves Records)
Ils sont nombreux, les jeunes pianistes, à débouler sur le marché du disque. Gros et petits labels s'arrachent les talents de demain: pas un mois sans des doigts censés révolutionner l'art du piano. Or, la concurrence est si féroce qu'ils sont tout aussi nombreux à tomber dans l'oubli. Cédric Pescia a eu la sagesse d'attendre ses 28 ans pour enregistrer son premier disque. Loin de tracer sa carrière comme une météorite, ce Lausannois a pris le temps pour mûrir sa pensée. Car des doigts ne suffisent pas à bâtir une interprétation. Il faut une forte tête, une intelligence du cœur capable de sonder les infimes nuances derrière les hiéroglyphes que sont les notes d'une partition. Alliant la rigueur à une passion débridée, Cédric Pescia s'autorise des envolées fulgurantes. Et c'est pourquoi sa lecture des Variations Goldberg ne ressemble à aucune autre. Plus tonique et moins lisse que Murray Perahia, plus juvénile qu'András Schiff dans sa version live parue sous ECM (excellent lui aussi, quoique précieux par endroits), Cédric Pescia en offre une vision solaire. De toute évidence, il a entendu son Glenn Gould. Mais l'influence s'arrête là. Sans marmonner, doté d'un toucher lumineux, moins sec et heurté que celui du pianiste canadien, il dresse une arche d'une beauté stupéfiante. On peut regretter l'absence des reprises, en particulier dans l'Ouverture à la française, quoiqu'elle se justifie sur le plan harmonique. On ne peut qu'adhérer à l'exceptionnelle virtuosité et au caractère poignant des variations lentes. Une authentique révélation.


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